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Préambule
Comme ce
fut le cas à chacun des colloques précédents, ce
9ème congrès de l'AQÉI a donné lieu à
des présentations et des échanges de haut calibre. C'est
d'ailleurs un mérite assez exceptionnel de la pratique de l'évaluation
environnementale que le fait de donner, à répétition,
prétexte à des tribunes tant à l'échelle internationale
que localement, où se retrouvent à la fois des professionnels,
des fonctionnaires administrateurs de la procédure, des représentants
des groupes de pression, des chercheurs universitaires et des étudiants;
des tribunes où prennent toujours place des échanges civilisés
et constructifs.
À
cet égard, il faut souligner et féliciter l'initiative qu'a
prise cette année le ministère de l'Environnement en absorbant
les frais d'inscription d'un groupe d'étudiants des diverses universités
québécoises: c'est une excellente façon de sensibiliser
et d'intégrer les étudiants à cette pratique professionnelle
majeure qu'est l'évaluation environnementale.
Dresser une
synthèse des échanges qui se sont déroulés
ainsi que des enjeux qui ont été soulevés est une
tâche ambitieuse et exigeante. Cette synthèse sera structurée
autour de 6 éléments de diagnostic ou de constats, à
partir desquels certaines recommandations peuvent être formulées.
À noter que ces 6 éléments n'ont pas la prétention
d'intégrer et de résumer l'ensemble des points qui ont été
abordés. L'auteur de ces lignes tient donc à l'avance à
s'excuser auprès de ceux dont les propos auront été
omis ou déformés dans l'élagage et la hiérarchisation
qu'implique nécessairement une synthèse. De même,
les recommandations mises de l'avant, quand elles n'ont pas été
formulées explicitement par certains intervenants, représentent
souvent une conclusion déduite par cet auteur des propos entendus
lors du congrès: il appartiendra à l'exécutif de
l'AQÉI de sélectionner celles qu'il veut faire siennes.
I-
Y a-t-il labyrinthe et, dans l'affirmative, à quelle échelle
?
Cette question
qui se voulait le thème du colloque n'aura pas polarisé
toute l'attention des conférenciers et des intervenants, contrairement
à ce à quoi on aurait pu s'attendre; il aura d'ailleurs
fallu les interventions répétées du président
de l'AQÉI, Antoine Moreau, pour que chaque séance en traite
un peu, à tout le moins.
L'existence
d'un labyrinthe procédurier semble néanmoins une évidence.
Mais encore là, l'échelle à laquelle ce labyrinthe
fait problème n'est pas celle à laquelle plusieurs personnes
- entre autres, l'auteur de cette synthèse - s'attendaient.
En effet,
à l'ère de la mondialisation de l'économie et dans
la foulée de l'Accord de libre échange nord-américain,
on aurait pu croire que l'arrimage international des procédures
d'évaluation environnementale et de leurs exigences serait au coeur
des préoccupations. Or, ce ne semble pas le cas. Un des seuls à
traiter de l'évaluation environnementale selon une perspective
internationale fut Harvey Mead, président de l'UQCN. Quelques expériences
internationales auxquelles il fut associé, entre autres au Chili,
ont fait ressortir le comportement schizophrénique de certaines
multinationales: aux endroits où les contraintes réglementaires
sont élevées, elles ont un comportement exemplaire mais
peuvent esquiver des principes environnementaux élémentaires,
là où la pression réglementaire est plus limitée.
N'y a-t-il pas là un enseignement important à opposer aux
tenants d'une déréglementation à tous crins, qui
la justifient en prétextant le sens aigu des responsabilités
des grandes corporations et leur capacité d'autogestion ?
Quelques
présentations ont plutôt fait ressortir le labyrinthe résultant
de mécanismes d'autorisation et de consultations publiques qui
se superposent aux exigences reliées à l'évaluation
environnementale, et ce, au sein même de notre territoire. Les tableaux
qu'ont dressés Urgel Delisle, consultant pour TQM, et Normand Gauthier,
directeur de projets chez Tecsult, sont à cet égard très
révélateurs: ils ont permis de saisir pourquoi le respect
des échéanciers pouvait constituer un enjeu aussi fondamental
pour les grands maîtres d'ouvrage, en particulier ceux qui réalisent
des équipements linéaires. Dans le cas du pipeline qui vient
d'être construit dans le sud-ouest du Québec, il est à
noter que, si une multitude d'audiences ont pris place ici, le point d'arrivée
et d'entrée aux USA a complètement échappé
à notre examen, même si la portion du tracé en sol
canadien était plus longue.
Les débats
de clôture du congrès sont revenus sur la multiplicité
des audiences publiques mais là, les opinions divergeaient. Plusieurs,
comme André Delisle et John Burcombe d'Eau Secours, ont fait état
de la difficulté, de l'essoufflement même que ressentent
le public ou des groupes de pression à suivre et s'impliquer dans
tous ces mécanismes. D'autres, comme la consultante Louise Roy,
la considèrent comme une exigence inéluctable de la démocratie
participative. Enfin le problème du labyrinthe procédurier,
pour plusieurs intervenants, doit être considéré comme
inhérent et structurel , dans les dossiers d'équipements
linéaires.
Comment rectifier
ce labyrinthe et rationaliser la situation ? On pourrait penser que, le
labyrinthe révélé se retrouvant sur notre propre
territoire, donc dans notre propre cour, la tâche serait relativement
facile. Mais est-elle si simple? Si l'harmonisation entre les démarches
d'évaluation environnementale des différents paliers de
gouvernement a fait l'objet de réflexions et même de conventions
antérieurement, les stratégies d'harmonisation de tous ces
mécanismes d'autorisation n'ont, ici, été que très
peu abordées, même si, encore une fois, la diversité
des participants au congrès eut pu constituer une tribune propice
à cette fin. Les tables de concertation créées au
palier Fédéral ont été brièvement évoquées.
Pour le Nunavik, a été déploré le fait que
des examens y étaient menés de façon séparée,
alors que la possibilité de les fusionner existait (C. Grenier
de TNI-TPI). Un représentant du ministère des Transports
du Québec a mentionné que le fardeau potentiel de la duplication
des évaluations avait pu être évité grâce
à l'application "allégée" que faisait Transports
Canada de la Loi canadienne d'évaluation environnementale, à
la différence de Pêches et océans Canada; le critère
de "perte d'habitat nulle" de ce dernier ministère apparaissait
un peu trop arbitraire. Mais, tant dans la localisation des équipements
linéaires comme le pipeline que pour les différents projets
que cherche à réaliser le Conseil tribal Mamuitun, c'est
l'arrimage aux mécanismes de consultation des municipalités
ou des MRCs qui semble poser le problème le plus sérieux.
Michel Crowley
du ministère de l'Environnement du Québec a mis le doigt
sur à la fois la cause de cette prolifération de mécanismes
et l'obstacle à leur rationalisation: la compartimentation des
structures administratives. Il s'agit là, à notre avis,
d'un problème endémique majeur de l'appareil gouvernemental
québécois.
Recommandations
- Il est essentiel de maintenir un contrôle étatique sur
la prise en compte de l'environnement que prétendent effectuer
les corporations.
- Les travaux d'harmonisation devraient se poursuivre et porter non plus
tant sur les mécanismes d'évaluation environnementale entre
eux, mais sur les divers mécanismes d'autorisation relevant de
différents ministères et paliers d'administration, en particulier
des municipalités.
II
- L'évaluation environnementale: plus qu'un mécanisme d'autorisation,
une approche de planification
Le congrès
a donné lieu à des déclaration fort importantes quant
à l'intérêt de l'évaluation environnementale:
davantage que comme mécanisme d'autorisation, c'est à l'aulne
d'une approche de planification qu'elle devrait être considérée.
D'ailleurs, certaines des difficultés soulevées au cours
des deux jours, selon plusieurs intervenants, proviendraient du fait que
le souci d'obtenir les permis les permis aurait pris le pas sur les objectifs
de l'évaluation environnementale. Au nombre de ces déclarations,
il faut souligner celle de Jean Piette, qui affirmait que le Centre patronal
de l'environnement du Québec considère maintenant la démarche
d'évaluation environnementale comme un incontournable et comme
un outil essentiel pour rendre les promoteurs imputables.
Rejoignant
en cela les propos liminaires de Barry Sadler, plusieurs ont affirmé
la nécessité de recentrer la pratique d'évaluation
environnementale sur ses objectifs initiaux et de mieux faire ressortir
les fins qu'elle permettrait d'atteindre, tout comme ce qu'elle a permis
d'accomplir. Parmi les retombées potentielles de l'approche, Barry
Sadler et Yves Corriveau du CQDE ont mentionné son rôle comme
outil décisionnel dans la recherche d'un développement durable;
son utilité également, dans l'appréciation des risques
associés à un projet , ce qui en retour devrait faciliter
leur "assurabilité". Du côté des réalisations,
le suivi devrait permettre de documenter comment des projets ont pu être
bonifiés à travers l'application de la démarche d'évaluation
environnementale. Une telle recension pourrait servir d'argument à
l'encontre des promoteurs qui cherchent encore à contourner la
procédure, ce que quelques uns ont avoué bien candidement
au congrès.
Recommandation
- Le ministère de l'Environnement du Québec et l'Agence
canadienne d'évaluation environnementale devraient mieux faire
valoir l'intérêt de l'évaluation environnementale
en tant qu' approche de planification.
III
- L'Évaluation environnementale stratégique: une réponse
à un véritable problème ou une fuite en avant ?
L'évaluation
environnementale stratégique, dans le contexte du labyrinthe procédurier
décrit ci haut mais en rapport aussi avec d'autres enjeux de l'évaluation
environnementale, semble véhiculer de nombreux avantages et être
porteuse de multiples promesses. Tout d'abord, elle apparaît comme
de nature à alléger les processus d'autorisation des projets
qui découlent des programmes qui seraient assujettis à une
ÉES. Une ÉES bien menée permettrait de cibler les
véritables enjeux beaucoup plus tôt dans le processus et
dans les échanges avec le public. En résulterait même
un meilleur examen des incidences environnementales des projets, car l'essentiel
du débat en audiences ne serait plus automatiquement polarisé
par la justification (H. Létourneau, Hydro-Québec). Et ce
, sans voir une décision inéluctable de faisabilité
résultant de l'évaluation de programme pour encadrer celle
des projets, un peu à la manière de poupées russes;
sur ce dernier point, il faut voir là une évolution appréciable
du débat qui prenait place il y a quelques mois encore (M. Pérusse,
Hydro-Québec). Ont enfin été mentionnés par
les intervenants, divers domaines ou secteurs où l'ÉES serait
souhaitable: l'élaboration des plans d'aménagement forestier;
l'affectation des terres publiques; la comparaison des grandes options
de production d'énergie; etc.
Par contre,
plusieurs craintes ont également été formulées
à l'égard de l'ÉES. Certains ont avancé l'idée
d'une "fuite en avant" ou d'une avenue dans laquelle le Québec
s'apprêterait à s'engager tout simplement parce que "tout
le monde le fait". Or, plutôt que par la création d'un
nouveau palier, certaines des lacunes ou des problèmes identifiés
au cours du congrès pourraient trouver une solution dans l'application
de la réglementation existante, dans l'application stricte des
critères d'assujettissement actuels et dans un meilleur suivi des
études d'impact réalisées, études auxquelles
les promoteurs ne consacreraient plus qu'une fraction des budgets antérieurs
(A. Delisle). Ce que le ministère de l'Environnement du Québec
aurait pourtant peine à faire, suite aux multiples coupes budgétaires
et réductions de personnel dont il a été l'objet.
Même chez les promoteurs, comme l'a souligné un représentant
du ministère des Transports du Québec, les compressions
de personnel se seraient traduites par un délestage de la culture
d'entreprise; en résulterait une incapacité à véritablement
encadrer les études d'impact de projets qui doivent être
confiées au secteur privé. De plus, les questions qu'on
envisage de soumettre à étude au sein d'une ÉES ne
relèveraient-elles pas davantage de l'élaboration de plans
de développement et d'aménagement régionaux, comme
l'illustrent les enjeux associés à la route sur la Basse
Côte Nord? Toutes ces appréhensions renvoient au piège
de la "bad complexity" contre laquelle Sadler, en introduction,
cherchait à nous prémunir.
De ces considérations
et de l'avis de plusieurs intervenants, beaucoup de réflexions
et de mises au point méthodologiques restent à faire, avant
que ne puisse être implanté un véritable système
d'ÉES. Et ces études ne devraient pas être le lot
exclusif d'universitaires.
Recommandations
- Avant de formaliser l'exigence des ÉES, le ministère de
l'Environnement du Québec doit s'assurer du respect et du suivi
des dispositions existantes.
- En utilisant des dispositions existantes, il serait souhaitable de mener,
à titre exploratoire, des ÉES sur certains dossiers.
- Plusieurs études doivent être faites sur certains enjeux
reliés à l'ÉES, entre autres, un suivi des évaluations
de programmes déjà réalisées.
IV
- L'évaluation environnementale est-elle le lieu d'un déficit
démocratique ?
Outre l'essoufflement
mentionné plus haut qui serait associé à la multiplicité
des tribunes sur lesquelles la participation du public est requise, plusieurs
questions et problèmes ayant trait au processus démocratique
même ont été soulevés. D'abord, en rapport
avec le Débat sur l'énergie qui a pris place il y a quelques
années, l'équivalent d'une ÉES, L. Roy a souligné
que ce débat avait attiré la participation de divers groupes
spécialisés mais qu'on n'avait pas réussi à
y intéresser et intégrer le public en général,
"monsieur et madame tout le monde"; ce qui soulève donc
la question de l'accès du public à la prise de décisions
et à la formulation de politiques. A encore été soulevée,
entre autres par Roméo Saganash du Grand Conseil des Cris, le problème
des ressources financières requises pour instaurer un processus
de consultation sérieux et crédible.
Mais ce sont
surtout les élus, les politiciens - les seuls acteurs du processus
de l'évaluation environnementale absents de ce congrès -
qui ont été mis en cause. A été dénoncé
leur manque de volonté pour donner pleine portée au mécanisme,
d'un côté, et de l'autre, pour donner suite aux recommandations
convergentes formulées par les divers comités qui se sont
penchés sur la révision de la procédure. À
la Loi canadienne d'évaluation environnementale qui comporte une
obligation statutaire de révision à tous les cinq ans, a
été opposé le climat de "révision perpétuelle"
dans lequel évolue l'approche québécoise depuis plusieurs
années, mais sans qu'une véritable révision ne soit
menée à terme. Manque de volonté aussi des politiciens,
selon le Grand Conseil des Cris, dans la mise en oeuvre des "beaux
principes" que comportait l'Entente de la Baie James.
A également
été dénoncé le manque de sensibilité
du gouvernement aux considérations environnementales, dans plusieurs
de ses décisions sur des dossiers assujettis à évaluation
environnementale et audiences publiques. À cet égard, le
représentant du Conseil québécois du droit de l'environnement
proposait que le décret émis par le gouvernement autorisant
un projet spécifique incorpore obligatoirement la mention du pourquoi
des recommandations formulées par les commissions du BAPE n'avaient
pas été suivies: ceci n'enlèverait rien à
la souveraineté du politique sur la décision, mais permettrait
au public de savoir pourquoi certaines requêtes ou recommandations
formulées au terme d'un processus rigoureux et transparent d'examen
n'ont pas été retenues.
Il faut enfin
mentionner un rappel à l'ordre que formulait H. Mead, à
partir de sa définition de ce qu'est le politique, soit "une
réponse à un problème social": il appartient
au public, à l'AQÉI en particulier, de faire pression sur
ses politiciens pour que les considérations environnementales reçoivent
une considération adéquate.
Recommandations
- La Loi de la qualité de l'environnement devrait être amendée
pour incorporer l'obligation pour le gouvernement, dans tout décret
émis autorisant un projet spécifique, de préciser
pourquoi des recommandations formulées par les commissions du BAPE
n'ont pas été retenues.
- L'AQÉI devrait faire des représentations auprès
des élus pour assurer sa pleine portée au mécanisme
d'évaluation environnementale et que des correctifs soient apportés
aux problèmes soulevés.
V -
L'absence quasi totale de suivi
L' absence
d'un suivi ou son caractère embryonnaire, quand il est fait, ont
été dénoncés à maintes reprises, dans
chacun des ateliers. Mais c'est d'un suivi sur une foule d'aspects ou
niveaux dont il a été question.
À
un premier niveau, la nécessité d'assurer un suivi des projets
eux-mêmes a été mentionnée, certains intervenants
ignorant si les conditions imposées pour l'autorisation de projets
avaient été respectées.
Un meilleur
suivi, comme il a été mentionné au point II plus
haut, permettrait de documenter les améliorations apportées
aux projets suite à leur passage en évaluation environnementale.
Cette information serait fort utile pour mieux asseoir, et dans l'opinion
publique et chez les promoteurs, la perception de l'intérêt
de la procédure.
Un suivi
des débats menés en audience permettrait aussi de constituer
un corpus des opinions sur divers enjeux environnementaux et ainsi,
peut-être d'éviter que ne reprenne la discussion sur les
mêmes points, dans chaque nouveau dossier.
Dans l'optique
de l'évaluation environnementale stratégique, les carences
du ministère de l'Énergie du Québec à faire
un suivi approfondi des enjeux soulevés lors du Débat sur
l'énergie puis à les traduire en scénarios sur lesquels
la population aurait pu se prononcer, ont été identifiées
comme une des raisons pour lesquelles ce débat n'avait pas eu la
portée escomptée (L.Roy).
Un suivi
plus systématique enfin de l'application de la pratique pourrait
servir à en vérifier l'efficience, à l'améliorer
si nécessaire. Pourraient ainsi être contrées les
doléances concernant les délais liés à l'évaluation
environnementale. Ces doléances, qu'on devrait maintenant pouvoir
qualifier d'éculées, sont pourtant toujours sur la table,
à preuve celles que formulait le Centre patronal de l'environnement
du Québec, faute d'avoir reçu toute l'attention qu'elles
méritaient.
Un constat
a été fait de l'écart, vu les effectifs professionnels
dont dispose maintenant le ministère de l'Environnement du Québec,
entre les tâches qui accaparent ses efforts, comme la "révision
perpétuelle" de la procédure ou l'implantation d'un
système d'ÉES, versus celles qui, comme le suivi, ne peuvent
recevoir l'attention qu'elles méritent. Et plutôt que de
penser faire des ÉES sur tous les programmes et politiques, il
a été suggéré de choisir un dossier annuellement,
à cause de sa valeur stratégique ou exemplaire, et de s'assurer
alors que l'ÉES soit réalisée de façon satisfaisante.
Recommandations
- Le suivi doit être replacé au coeur des préoccupations
des instances responsables de l'application de la démarche d'évaluation
environnementale, de l'ACÉE mais surtout du ministère de
l'Environnement du Québec.
- Le suivi doit être assuré dans une perspective large, intégrant
différents aspects de la pratique de l'évaluation environnementale.
- La nécessité d'un suivi systématique de l'application
de la procédure s'impose: il aiderait à documenter les retombées
positives de l'évaluation environnementale.
VI
- Le nécessaire arrimage de l'évaluation environnementale
à l'aménagement du territoire
Plusieurs
des enjeux soulevés ou des problèmes imputés à
l'approche d'évaluation environnementale renvoient concrètement
à l'arrimage de l'approche d'évaluation environnementale
avec le système d'aménagement du territoire: il manque de
cohérence entre les différents processus qui régissent
l'aménagement, comme le soulignait B. Sadler dans son exposé
introductif.
Qu'on pense à l'exemple apporté par le représentant
du MTQ, de la route sur la Basse Côte Nord . Qu'on pense aussi aux
consultations reliées aux schémas d'aménagement des
MRCs, dans le cadre de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme;
l'application des "passerelles existantes" y pose problème.
Il y a là matière à des réflexions importantes.
Recommandations
- Le ministère de l'Environnement et le ministère des Affaires
municipales du Québec devraient revoir l'arrimage de l'approche
d'évaluation environnementale avec le système d'aménagement
du territoire.
- L'AQÉI devrait retenir comme thème d'un prochain congrès
l'arrimage de l'approche d'évaluation environnementale avec le
système d'aménagement du territoire.
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MG, décembre 2000
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