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COMMENTAIRES
SUR LA DIRECTIVE-TYPE
Cette
nouvelle directive-type se démarque une fois de plus par la maturité
dont elle fait preuve. Elle reflète à ce titre la longue
expérience accumulée par le Québec (et par le MEF)
en matière d'évaluation environnementale. L'auteur de la
directive-type devrait par ailleurs être félicité
pour le caractère exhaustif du document et son souci du détail
et la qualité de la langue.
COMMENTAIRES
GÉNÉRAUX
La plupart
des firmes, où des spécialistes qui préparent les
études d'impact, ont traditionnellement abordé l'évaluation
des projets d'infrastructure linéaires, ainsi que les autres
catégories d'équipement comportant un caractère
"mobile" (susceptibles d'être construits un peu partout,
i.e. non conditionnés par une contrainte physique telle que l'emplacement
d'une chute) dans un esprit particulier. Disons en gros qu'ils ont traditionnellement
favorisé une approche de type "localisation" assez
différente des études d'impact habituelles et visant à
identifier une série de sites (généralement des
corridors ou des tracés) qui peuvent être considérés
comme les moins perturbants pour le milieu. L'analyse des impacts est
en général effectuée après coup, après
que la variante la moins perturbante ait été sélectionnée.
Cette approche a été généralement perçue
comme compatible avec les normes du ministère.
Ce type
d'approche a été jugé diversement dans le passé
(on lui a reproché notamment de marginaliser l'analyse d'impacts,
ainsi que les enjeux difficilement cartographiables). Quoiqu'on puisse
en penser, il serait souhaitable que la directive-type la prenne en
considéré, statue sur son acceptabilité, donne
certaines consignes aux spécialistes ou aux firmes qui comptent
l'utiliser, etc. Il devrait en aller de même pour les directives-types
portant sur les autres catégories d'équipements "mobiles".
Dans le
cas des routes, il faut aussi reconnaître qu'elles sont, la plupart
du temps, des éléments d'un réseau. Une nouvelle
route modifie le réseau dans lequel elle s'insère, non
seulement en termes physiques, mais aussi en termes de comportement
des usagers, qui peuvent changer leur parcours. Ces modifications, compte
tenu d'autres projets routiers dans le système examiné,
peuvent entraîner des changements dans l'intensité, l'étendue,
la durée, le niveau d'incertitude, et la probabilité de
plusieurs impacts (bruit, vibration, poussières, utilisation
du territoire, etc.) sur le tronçon en cause ou des tronçons
déjà existants.
L'effet
" système ou réseau " peut aussi faire en sorte
qu'un projet routier entraîne des économies d'énergie
dans l'ensemble du réseau où il s'inscrit, une réduction
des accidents, du bruit, de l'effet de serre, etc. Pour y arriver, il
est assez difficile d'imaginer qu'on puisse se passer de modèles,
mêmes primitifs, du réseau et du comportement des passagers
sur celui-ci.
Toute variante
devrait être évaluée dans le contexte du réseau
dont elle est destinée à faire partie, et du comportement
qu'auront les utilisateurs du réseau suite à sa réalisation,
en tenant compte des divers éléments possibles de charge
sur les divers tronçons.
Au minimum,
le réseau en question doit inclure l'ensemble des routes existantes
et autres routes prévisibles qui forment le plus petit polygone
possible reliant les origines et les destinations du tronçon
à l'étude. C'est d'ailleurs pourquoi nous croyons qu'une
des variantes possibles doit être une variante "zéro"
(statu quo), lorsque les origines et les destinations sont déjà
reliées, d'une façon moins directe, par d'autres éléments
existants du réseau.
COMMENTAIRES
DÉTAILLÉS
p. 9, avant-dernier
paragraphe:
afin d'identifier les "composantes... susceptibles d'être touchées
par la réalisation du projet", il faut soit disposer des résultats
de l'analyse des impacts d'un projet - ce qui est difficilement possible
à l'étape des inventaires - ou bien saisir la nature des
impacts effectivement générés par une catégorie
de projets, soit la seule option possible dans les circonstances; ce type
de connaissances ne peut évidemment résulter que d'une accumulation
d'études de suivi, dont la directive encourage par ailleurs fortement
la réalisation (et avec raison) à la page 20; toutefois,
la simple accumulation d'études de suivi ne suffit pas en soi à
générer ce type de connaissances; il faut également
réaliser des bilans de ces études de suivi et les mettre
à la disposition des spécialistes ou des firmes réalisant
les études d'impacts; or il n'existe à notre connaissance
que peu de bilans de ce type pour des catégories spécifiques
de projets; il nous semblerait important que le ministère soit
plus sensible à ce type de contraintes et envisage avec les autres
intervenants différentes voies susceptibles de solutionner ce problème
capital, qui limite notre capacité à prédire aussi
précisément les impacts que nous le pourrions;
p. 10,
dernier paragraphe:
l'expression (au sujet des espèces menacées) "susceptibles
d'être ainsi désignées" devrait faire l'objet
d'éclaircissements: sur quelle base peut-on ou devrait-on émettre
un tel jugement ?
p. 11, liste des composantes:
en ce qui concerne les paysages, devrait-on limiter les études
visuelles aux milieux comportant une qualité scénique exceptionnelle
et que devrait-on faire lorsque les utilisateurs reconnaissent une qualité
exceptionnelle à des paysages considérés comme banals
par les spécialistes en analyse visuelle ? L'utilisation du mot
"scénique" laisse entendre qu'il s'agit de "panoramas"
plutôt que de paysages vernaculaires;
p. 13, tableau
3:
"un plan en perspective de l'intégration de ces composantes
dans le paysage environnant" ne pourra suffire si le tracé
traverse plusieurs paysages différents;
p. 14, tableau 3:
"les coûts estimatifs de la variante" ne devraient-ils
pas inclure les coûts d'utilisation (privés, p. ex. essence)
et d'entretien ?
p. 17, tableau
des principaux impacts:
étrangement, la directive ne semble pas mentionner le principal
enjeu soulevé par la construction de routes dans les grands ensembles
métropolitains, soit l'étalement urbain, ni, dans les zones
moins peuplées, les perspectives de développement économique
des villes mieux desservies ou les conséquences sociales du désenclavement;
D'autres
mesures d'atténuation possibles ont trait à l'utilisation
même de la chaussée (voies réservées pour
autobus, voies pour véhicules à plusieurs passagers, etc.).
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