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Synthèse
des commentaires formulés lors de l'atelier de consultation de
l'AQÉI sur l'harmonisation des processus d'évaluation environnementale
au Canada
Table
des matières
Introduction
Thème 1: Les objectifs et les enjeux
de l'harmonisation
Thème 2: Portée et contenu de
l'évaluation environnementale
Thème 3: La participation du public
au processus d'évaluation environnementale
Thème 4: Les enjeux administratifs
de l'harmonisation des processus
Commentaires généraux
INTRODUCTION
L'AQÉI a organisé, le 30 janvier 1997, une journée
d'information et d'échanges portant sur l'harmonisation des processus
d'évaluation environnementale au Canada. L'activité a réuni
une cinquantaine de personnes, dont plus de 25 membres de l'AQÉI.
L'activité comportait deux volets. Le premier, le volet information,
visait à renseigner les membres sur le projet d'harmonisation des
processus d'évaluation environnementale initier par le Conseil
canadien des Ministres de l'environnement (CCME). À cet
effet, une représentante de l'organisme a présenté
le projet d'harmonisation. Par la suite, cinq conférenciers, représentant
différents milieux (les agences et ministères publiques,
les groupes environnementaux, le milieu académique, les praticiens
de l'évaluation environnementale) ont présenté leur
vision de la démarche d'harmonisation. Le deuxième, le volet
discussion, visait à permettre aux membres de l'AQÉI de
s'exprimer sur la question de l'harmonisation. Une table ronde réunissant
l'ensemble des participants (les membres et les non-membres) a été
organisée. Quatre thèmes principaux ont été
abordés. Ces thèmes sont :
- Thème
1: Les enjeux et les objectifs de l'harmonisation
- Thème
2: Portée et contenu de l'évaluation environnementale
- Thème
3: La participation du public au processus d'évaluation environnementale
- Thème
4: Les enjeux administratifs de l'harmonisation des procédures
Le présent
document constitue un compte rendu de la table ronde et présente
l'ensemble des points de vue, opinions, commentaires et interrogations
que les participants ont formulés au cours du débat. Les
points de vue présentés dans ce document ne constituent
toutefois pas la position officielle de l'AQÉI et ne résultent
pas d'une consultation effectuée auprès de l'ensemble de
ses membres. Ils doivent plutôt être considérés
comme l'expression des points de vue exprimés au cours de la discussion.
THÈME
1: LES OBJECTIFS ET LES ENJEUX DE L'HARMONISATION
Le premier thème englobait les objectifs poursuivis
par le processus d'harmonisation, les motifs qui sous-tendent ce projet
et les enjeux soulevés par ces deux questions. Les commentaires
formulés ont porté sur les objectifs du processus d'harmonisation
et sur les conditions fondamentales qui doivent être respectées
pour que ces objectifs soient atteints.
On a formulé plusieurs interrogations quant à la pertinence
d'une harmonisation des processus. D'une part, on se questionne sur
l'objectif visant à éliminer les chevauchements: ce type
de problème semble en fait être survenu assez rarement.
D'autre part, on a mentionné que le processus d'harmonisation
ne réglerait pas le type de chevauchement survenu dans le cadre
du projet Grande-Baleine - le plus problématique
des chevauchements survenus jusqu'à maintenant - ou ne l'aurait
solutionné que sur une base marginale. Les mécanismes
mis en place dans le cadre de la Convention de la Baie James
ne seraient pas nécessairement allégés de manière
substantielle avec une entente sur l'harmonisation des processus d'évaluation
environnementale à l'échelle pan-canadienne.
On s'est aussi interrogé sur la nécessité d'une
harmonisation pan-canadienne: les ententes conclues dans le passé
semblent avoir permis d'harmoniser tacitement les procédures
fédérales-provinciales. Il existe donc déjà,
dans les faits, un cadre permettant une harmonisation et celui-ci semble
s'être avéré efficace. Une alternative consisterait
donc à reconduire simplement ce type d'entente.
On a cependant précisé que l'objectif général
du processus d'harmonisation, visant à n'appliquer qu'une seule
procédure par projet afin d'alléger au maximum les délais
et d'éviter en outre des dédoublements inutiles, était
légitime et louable en soi. On a aussi fait valoir que cet objectif,
s'il permettait de formaliser davantage les ententes tacites actuelles
et de rendre le processus d'évaluation plus prévisible
en établissant un cadre d'évaluation unique, dissiperait
beaucoup d'incertitudes et minimiserait les délais inutiles.
D'autre part, certains considèrent que le projet d'harmonisation
des procédures est justifié dans la mesure où il
s'inscrit dans un courant plus global de standardisation de la pratique
de l'évaluation environnementale, comme en témoignent
la norme ISO 14000 de l'ACNOR, l'élaboration de la directive
de la Communauté économique européenne en évaluation
environnementale (DG11) et les travaux de l'OCDE.
Certains participants estiment par ailleurs que la question de l'assujettissement
des projets représente un élément clé de
l'ensemble du processus d'harmonisation. Est-il possible d'envisager
la mise en place d'un processus d'harmonisation des procédures
d'évaluation environnementale sans que ne soit conclue une entente
sur les mécanismes d'assujettissement des projets ? Plusieurs
participants ont exprimé leur scepticisme à cet égard.
On mentionne que certains projets pourraient en principe ne pas être
assujettis à la procédure commune dans certaines parties
du Canada, pour quelque raison que ce soit, alors qu'ils le seraient
assurément dans d'autres parties. Les participants estiment donc
que le projet d'harmonisation doit être accompagné d'une
liste, inclusive ou exclusive, des types de projets assujettis pour
permettre un progrès réel par rapport à la situation
actuelle et éviter en même temps toute confusion.
Certains participants ont signalé une apparente contradiction
entre les principes 9 et 10 de l'accord pan-canadien sur l'harmonisation
environnementale. Essentiellement, le principe 9 stipule que les législations
existantes demeureront en vigueur alors que le principe 10 sous-entend
qu'elles devront au besoin être amendées afin qu'elles
puissent se conformer à l'accord. Il serait sans doute opportun
de porter une plus grande attention à cette contradiction apparente
et de veiller à ce que les législations existantes ne
représentent aucune contrainte légale après la
signature de l'accord.
Certains participants ont rappelé que l'objectif le plus fondamental
du projet d'harmonisation des processus, soit une protection accrue
de l'environnement, ne doit pas être perdu de vue. Aussi le projet
d'harmonisation doit nécessairement chercher à niveler
les procédures existantes vers le haut tout en précisant
la nature des normes, des standards et des critères d'application
qui seraient instaurés.
THÈME
2: PORTÉE ET CONTENU DE L'ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Dans le cadre des discussions sur le deuxième thème,
il a été question des notions d'environnement et d'évaluation
environnementale , ainsi que du contenu et de la portée de l'évaluation
environnementale.
En ce qui concerne le contenu et la portée de l'évaluation
environnementale, un des participants a proposé que l'on retienne
les éléments contenus au point 3 de l'annexe II du document
de consultation du CCME (éléments communs aux évaluations
environnementales à travers le pays); il s'agit selon ce dernier
d'une suggestion avant-gardiste.
Toutefois, s'appuyant sur le principe que l'harmonisation des processus
d'évaluation environnementale devraient comporter une certaine
souplesse de manière à permettre l'évolution dynamique
des processus existants, un participant a émis l'opinion que
la détermination de la portée et du contenu de l'évaluation
environnementale ne devrait pas être assujettie à une liste
d'éléments préétablis par règlement.
Enfin, on a suggéré d'ajouter aux éléments
devant faire partie de l'évaluation environnementale, des critères
spécifiques de réalisation de l'objectif du développement
durable.
Par ailleurs, certains considèrent que le screening
et le scoping devraient être implicites à
toute démarche d'évaluation environnementale.
Un participant a précisé que l'étape de l'élaboration
de la directive déterminant le contenu et la portée de
l'étude d'impacts prévue dans le cadre de la procédure
québécoise d'évaluation et d'examen des impacts
sur l'environnement constitue une sorte de screening
et de scooping . Le même participant a émis
des réserves quant àl'opportunité d'intégrer
la participation du public à cette étape.
Enfin, l'harmonisation des processus serait l'occasion de réintroduire
l'idée de créer un organisme de veille ou de vigile dans
le domaine de l'évaluation environnementale, dont le rôle
serait de réfléchir sur l'évolution de la pratique
et de faire la synthèse des expériences dans le domaine;
un peu comme le faisait le Conseil canadien de la recherche en
environnement (CCRE) dans le domaine de l'environnement.
THÈME
3: LA PARTICIPATION DU PUBLIC AU PROCESSUS D'ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Parmi les sujets qui ont le plus retenu l'attention des participants:
l'aide financière et techniques des individus et des groupes
participant aux processus d'évaluation environnemenale et les
modalités de la participation du public à l'évaluation
environnementale incluant l'identification des participants aux consultations
publiques.
On a rappelé que la participation du public est un élément
fondamental de toute démarche d'évaluation environnementale
dans le contexte d'une société démocratique. Aussi,
l'évaluation environnementale suppose un processus de consultation
ouvert, transparent et crédible. L'amélioration en continu
des processus de consultation est un objectif à atteindre.
Un des enjeux de l'harmonisation devrait être la participation
accrue du public au processus d'évaluation environnementale et
l'amélioration des modes participatifs adoptées par les
gouvernements. La spécificité des modes participatifs
adoptés par chaque gouvernement devrait être respectée.
Certains participants ont souligné que l'aide financière
et technique constituent des composantes essentielles de la participation
du public au processus d'évaluation environnementale. Cependant,
une emphase particulière devrait être mise sur l'aide technique
dans la perspective de trouver de nouveaux moyens d'aider les participants.
L'objectif visé par l'aide financière et technique est
d'assurer un équilibre entre les parties présentes aux
consultations. Dans la perspective où les consultations publiques
peuvent conduire à l'amélioration des projets, il apparaît
normal pour certains que le promoteur fournisse une aide financière
aux participants.
D'autre part, un participant a mentionné que le public devrait
être impliqué dès l'étape de la conception
des projets de manière à favoriser une participation pro-active
(par opposition à une participation réactive
). À cet effet, la participation ne devrait être limitée
à la diffusion de l'information concernant le projet.
Par ailleurs, selon un des intervenants, plus 70% des prévisions
concernant les impacts d'un projet s'avèrent erronées
ou inexactes. C'est pourquoi, il suggère d'accorder une attention
particulière au suivi et à la surveillance des projets
et de s'assurer que des représentants du public soient présents
au sein des comités constitués à cette fin.
Des participants sont d'avis que la médiation environnementale
ne constitue pas un outil de participation du public; il s'agit plutôt
d'une procédure privée qui implique un nombre restreint
de personnes et dont l'objectif vise principalement à résoudre
des différends entre le promoteur et des individus sur des points
précis.
On a fait valoir que la participation ne devrait pas être limitée
aux personnes affectées par un projet. Toutes personnes ou groupes
de personnes qui voudraient faire valoir son point de vue sur la réalisation
d'un projet devraient avoir la possibilité de s'exprimer.
Par ailleurs, selon certains, le principe du promoteur-payeur devrait
s'appliquer à l'évaluation environnementale des projets.
Aussi, selon ce principe le promoteur devrait défrayer les coûts
relatifs à la réalisation de l'étude d'impacts
et à la tenue des consultations publiques. Toutefois, certains
craignent que cela ait pour effet de donner au promoteur un certain
pouvoir d'influence sur le déroulement de la consultation.
En ce qui concerne la proposition d'établir un cadre procédural
contraignant pour la tenue des consultations publiques, certains participants
suggèrent comme solution de rechange, la confection d'un guide
des bonnes pratiques duquel pourrait s'inspirer les autorités
concernées.
Un participant a tenu à rappeler qu'un des enjeux soulevés
par divers intervenants dans le cadre de la réforme des procédures
publiques d'évaluation environnementale à travers le Canada,
est l'assujettissement des politiques et des programmes. Cependant,
il serait difficile d'inclure une telle exigence dans le cadre de l'établissement
de normes pan-canadiennes en raison notamment des difficultés
de mise en oeuvre.
THÈME
4: LES ENJEUX ADMINISTRATIFS DE L'HARMONISATION DES PROCESSUS
Il a été question sous cette rubrique de la responsabilité
des gouvernements provinciaux et fédéral et des mécanismes
qui permettraient d'assurer l'imputabilité.
On a suggéré
de créer un tribunal qui aurait pour fonction de recueillir et
de traiter les plaintes des citoyens.
COMMENTAIRES GÉNÉRAUX
Le document de consultation du CCME contient une série
de principes et d'objectifs auxquels plusieurs souscrivent. Toutefois,
on a rappelé que l'on pourra porter un jugement sur le projet d'harmonisation
des processus d'évaluation environnementale que lorsqu'un projet
d'entente contenant les modalités de mise en oeuvre sera déposé.
Par ailleurs, l'échéancier serré imposé par
le CCME ne permet pas, selon plusieurs participants, de faire une analyse
approfondie des questions soulevées par la démarche d'harmonisation.
Compte tenu de la contrainte temps, il est difficile pour ceux appeler
à se prononcer sur le projet d'entente de formuler des avis éclairés.
Ceci étant dit, plusieurs participants ont tenu à saluer
le travail du CCME de réunir 14 gouvernements afin d'harmoniser
les processus d'évaluation environnementale à l'échelle
pan-canadienne.
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