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LETTRES
AUX MINISTRES CONCERNÉS
INTRODUCTION
1.
LES DÉLAIS D'EXAMEN DES PROJETS
1.1
Utiliser l'expérience acquise
1.2 Réviser la liste des projets soumis
à la procédure d'évaluation environnementale
1.3 Développer des rapports d'examen types
par catégorie de projets
1.4 Viser une harmonisation des procédures
applicables
2.
LA PARTICIPATION DU PUBLIC
2.1
Impliquer les intervenants PLUS TÔT dans le processus
2.2 Augmenter l'utilisation des moyens technologiques
disponibles
2.3 Fournir une aide financière
2.4 Impliquer les intervenants APRÈS le
processus
2.5 Impliquer le public dans le cadre des évaluations
environnementales stratégiques
3.
LA DISPONIBILITÉ DES DONNÉES
3.1
Réinvestir dans la connaissance
3.2 Améliorer l'accès
4.
L'ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE STRATÉGIQUE
5.
LES EFFETS CUMULATIFS
6.
LE MILIEU SOCIAL ET LA SANTÉ
7.
LES MESURES DE COMPENSATION DES IMPACTS
CONCLUSION
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Montréal, 15 novembre 2004
L'honorable Stéphane Dion
Ministre de l'Environnement
Chambre des Communes
Rue Wellington
Ottawa (Ontario), K1A 0A6
Monsieur le ministre,
Permettez-moi de vous présenter le fruit
de la réflexion des membres de l'Association québécoise
pour l'évaluation d'impacts (AQÉI), au sujet de
l'avenir de l'évaluation environnementale au Québec.
Cette réflexion fait suite au dernier congrès de
l'AQÉI tenu au mois de novembre 2003 à Québec.
Vous trouverez donc ci-joint un document intitulé :
L'AVENIR DE L'ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE
AU QUÉBEC
Un survol des préoccupations des membres de l'AQÉI
Depuis sa création en 1992, l'AQÉI
contribue à rassembler les forces vives uvrant dans le
vaste domaine de l'évaluation d'impacts. C'est pourquoi,
soyez assuré de notre entière collaboration pour
améliorer l'efficacité des processus d'évaluation
environnementale.
La lettre, accompagnée du document en
question, est également acheminée à Monsieur
Thomas J. Mulcair, ministre de l'Environnement du Québec.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le ministre,
l'expression de mes sentiments les plus distingués.
Ginette Lajoie
Présidente
P.j.
514-990-2193
mondorf@aqei.qc.ca
http://www.aqei.qc.ca
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Montréal, 15 novembre 2004
Monsieur Thomas J. Mulcair
Ministre de l'Environnement
Cabinet du ministre
675, boulevard René-Lévesque Est
Québec (Québec) G1R 5V7
Monsieur le ministre,
Permettez-moi de vous présenter le fruit
de la réflexion des membres de l'Association québécoise
pour l'évaluation d'impacts (AQÉI), au sujet de
l'avenir de l'évaluation environnementale au Québec.
Cette réflexion fait suite au dernier congrès de
l'AQÉI tenu au mois de novembre 2003 à Québec.
Vous trouverez donc ci-joint un document intitulé :
L'AVENIR DE L'ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE
AU QUÉBEC
Un survol des préoccupations des membres de l'AQÉI
Depuis sa création en 1992, l'AQÉI
contribue à rassembler les forces vives uvrant dans le
vaste domaine de l'évaluation d'impacts. C'est pourquoi,
soyez assuré de notre entière collaboration pour
améliorer l'efficacité des processus d'évaluation
environnementale.
La lettre, accompagnée du document en
question, est également acheminée à l'honorable
Stéphane Dion, ministre de l'Environnement du Canada.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le ministre,
l'expression de mes sentiments les plus distingués.
Ginette Lajoie
Présidente
P.j.
514-990-2193
mondorf@aqei.qc.ca
http://www.aqei.qc.ca
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INTRODUCTION
En continuité
avec son 12e congrès annuel tenu en novembre 2003 à Québec,
l'Association québécoise pour l'évaluation d'impacts
(AQÉI) présente ici aux ministres de l'Environnement du
Canada et du Québec un survol des préoccupations de ses
membres.
L'AQÉI
possède un atout notable, celui de regrouper plus de deux cents
intervenants du vaste domaine de l'évaluation d'impacts tant
du secteur public que du secteur privé. Décideurs, promoteurs,
consultants, chercheurs, groupes de sensibilisation composent l'univers
de l'AQÉI. Cette diversité d'intérêts en
fait une association qui peut apporter une contribution unique à
l'optimisation des processus d'évaluation d'impacts applicables
au Québec.
Sur le
thème de " L'évaluation d'impacts un regard
vers l'avenir ", le 12e congrès de l'AQÉI
tenu en 2003 avait attiré une assistance record de participants
dans les annales de l'association, soit près de 180 congressistes.
Devant
le grand intérêt suscité par les forums de discussion
et par les ateliers parallèles, le conseil d'administration de
l'AQÉI a convié les membres à continuer la réflexion
tout au cours de l'année 2004 avec l'aide d'une liste de sujets
qui avaient retenu l'attention des participants durant le congrès.
Plusieurs membres ont répondu à l'invitation en transmettant
des commentaires et des suggestions qui ont été rassemblés
sur une page du site Web de l'AQÉI dédiée exclusivement
au dossier sur l'avenir de l'évaluation environnementale.
Ainsi,
la réflexion des membres de l'AQÉI a permis de soulever
SEPT préoccupations importantes accompagnées
de solutions potentielles, relativement à l'application des
processus d'évaluation environnementale en place au Québec,
soit la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale
(LCÉE) et l'article 31 de la Loi sur la qualité de
l'environnement (LQE) du Québec. L'AQÉI propose donc
à l'Agence canadienne d'évaluation environnementale et
au ministère de l'Environnement du Québec d'explorer ces
pistes de solution afin d'améliorer l'efficience et l'efficacité
des évaluations environnementales.
Voici les
sept préoccupations en question :
1. Les
délais d'examen des projets
2. La participation du public
3. La disponibilité des données
4. L'évaluation environnementale stratégique
5. Les effets cumulatifs
6. Le milieu social et la santé
7. Les mesures de compensation des impacts
1.
LES DÉLAIS D'EXAMEN DES PROJETS
Les délais
rencontrés sont un enjeu majeur pour les promoteurs à
l'heure de la mondialisation, surtout quand les décisions d'affaires
doivent se prendre de plus en plus rapidement dans un contexte de concurrence
internationale accrue. Des moyens peuvent être mis en oeuvre pour
réduire ces délais sans affecter la qualité des
évaluations.
1.1
Utiliser l'expérience acquise
L'expérience
acquise au Québec au cours des trente dernières années
démontre que les promoteurs dont les projets sont soumis à
un processus d'évaluation environnementale peuvent être
divisés en trois grandes catégories :
1) Les
promoteurs d'infrastructures majeures qui doivent produire régulièrement
des études d'impacts : organismes gouvernementaux comme Hydro-Québec
(centrales et barrages), le ministère des Transports du Québec
(routes) et les municipalités (sites d'enfouissement).
2) Les
promoteurs industriels qui réalisent toujours des projets relativement
similaires : mines (nouveaux projets), alumineries (nouvelles usines
ou agrandissement) et papetières (co-génération).
3) Les
promoteurs qui réalisent peu de projets au Québec et qui,
conséquemment, sont rarement soumis à nos procédures
d'évaluation d'impacts.
Dans le
cas des deux premières catégories, les impacts potentiels
et les mesures d'atténuation courantes sont connus de tous les
intervenants qui ont à produire ou à analyser les études
d'impacts. À cet effet, l'AQÉI considère
qu'une approche standardisée, basée sur des éléments
communs par catégorie de projet, pourrait être développée
par les grands promoteurs ou les associations industrielles. Par exemple,
les études d'impacts antérieures et les rapports du Bureau
d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pourraient être
analysés de façon à identifier les éléments
récurrents à chaque projet (milieux, impacts et mesures
d'atténuation) et à valider les prédictions des
impacts résiduels réels à l'aide des résultats
des suivis environnementaux. Cet exercice de synthèse permettrait
par la suite de restreindre les éléments spécifiques
de l'étude d'impacts aux particularités du projet seulement.
Le rapport devrait cependant toujours contenir les éléments
génériques et les éléments spécifiques
afin que le public puisse avoir une vue d'ensemble du projet.
L'AQÉI
considère que les éléments génériques
dégagés de l'exercice proposé devraient être
accessibles et surtout régulièrement révisés
pour maintenir cette expérience à l'échelle collective.
De son côté, l'AQÉI poursuivrait ses activités
de partage des connaissances et de discussions sur des sujets ou enjeux
récurrents via ses congrès annuels, ses ateliers, ses
lunchs thématiques et sa banque de références sur
le suivi environnemental (SEFA).
1.2
Réviser la liste des projets soumis à la procédure
d'évaluation environnementale
La concurrence
internationale touche surtout de grands projets miniers, industriels
ou énergétiques qui doivent rester inclus dans les listes
des projets soumis aux processus d'évaluation environnementale.
Cependant, on note que certains types de projets qui ont récemment
soulevé l'opinion publique n'étaient pas inclus dans ces
listes : exploration et exploitation gazière et pétrolière,
grand équipement de compostage, usine de traitement de matières
résiduelles. L'AQÉI considère que ces types
de projet " intégré " devraient faire l'objet
d'une évaluation d'impacts car ils comportent de multiples composantes,
qui en soi ne déclenchent pas les processus actuels.
Par ailleurs,
l'AQÉI considère qu'il est grand temps que les
listes de projets assujettis et non-assujettis aux procédures
d'évaluation environnementale et sociale de la Convention
de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ) soient
révisées. L'AQÉI encourage les organismes consultatifs
prévus aux chapitres 22 et 23 de la Convention à poursuivre
leurs efforts à cet égard.
Tout en
reconnaissant la spécificité des régimes environnementaux
de la Convention, l'AQÉI souhaite que les diverses initiatives
de mise à jour des listes mènent à davantage de
cohérence entres les listes.
1.3
Développer des rapports d'examen types par catégorie de
projets
Tel que
présenté au point 1.1, certains promoteurs réalisent
régulièrement des projets d'une seule catégorie.
Ces projets sont souvent bien définis et les impacts, ainsi que
les mesures d'atténuation, sont souvent bien connus par les spécialistes,
autant du côté de promoteur que du côté des
décideurs. L'AQÉI considère qu'il pourrait
être avantageux de compléter les directives génériques
du ministère de l'Environnement du Québec par un rapport
d'impact type pour certaines catégories de projet dont l'expérience
commune acquise permet de bien circonscrire les impacts et les mesures
d'atténuation. À cet effet, l'Agence canadienne d'évaluation
environnementale devrait poursuivre ses efforts dans ce sens, tel que
le permet la LCÉE. Ces rapports devraient être complétés
au cas par cas par les promoteurs selon les spécificités
de chaque projet. Une importante partie du travail analytique serait
ainsi réalisée à l'avance.
L'AQÉI
considère que le développement d'un tel outil serait
aussi avantageux pour les promoteurs que pour les décideurs.
1.4
Viser une harmonisation des procédures applicables
L'AQÉI
se réjouit de l'entente de collaboration Canada-Québec
en matière d'évaluation environnementale car on y affirme
solennellement le désir des deux gouvernements de collaborer
et en les engageant à le faire chaque fois qu'un projet est assujetti
aux deux processus. Cette entente est claire et prévoit des mécanismes
simples pour faciliter la collaboration entre les deux gouvernements.
Elle vise l'harmonisation aussi loin qu'il est possible de le faire
dans le cadre législatif actuel (LCÉE et LQE), tout en
respectant les exigences des deux Lois. L'AQÉI considère
qu'une coordination efficace entre les gouvernements ne peut que renforcer
la crédibilité de l'évaluation environnementale
et faciliter la vie tant au public qu'aux promoteurs et qu'aux professionnels.
Cette entente devrait renforcer l'image des professionnels du domaine.
L'AQÉI s'était penchée sur la question des dédoublements
des processus lors de son congrès annuel de 2001. L'AQÉI
encourage donc les deux paliers de gouvernement à maintenir
leur dialogue et leur réflexion sur les questions d'harmonisation
car il reste encore des éléments problématiques.
En effet, l'AQÉI considère que chaque projet devrait
faire l'objet d'une seule procédure d'évaluation environnementale.
Par ailleurs, l'AQÉI concède que l'harmonisation
de la LQE et de la LCÉE soit un défi majeur, si on considère
l'expérience vécue dans les autres provinces canadiennes.
L'AQÉI souhaite que les directives adressées aux
promoteurs pour les projets impliquant la LQE et la LCÉE soient
harmonisées, mais pas nécessairement communes, afin de
respecter les exigences fédérales et provinciales dans
leurs champs de compétences respectifs. Cet exercice, jumelé
au développement de rapports d'examen types, est d'emblée
exigeant à court terme, mais pourrait être compensé
par des gains importants à long terme.
Bien que
l'entente de coopération ne s'applique pas au Québec nordique,
l'AQÉI souhaite que le ministère de l'Environnement
du Québec et l'Agence canadienne d'évaluation environnementale
mettent en place les processus d'harmonisation prévus aux chapitres
22 (article 22.6.7) et 23 (article 23.7.5) de la CBJNQ lorsque les processus
d'examen provincial et fédéral s'appliquent à un
même projet.
De plus,
l'AQÉI encourage l'Agence canadienne d'évaluation
environnementale à explorer des solutions pour éliminer
le chevauchement des deux processus fédéraux d'évaluation
sur le territoire conventionné (LCÉE et CBJNQ) et éviter
les incohérences.
2.
LA PARTICIPATION DU PUBLIC
L'AQÉI
considère que la consultation est un élément
clef de l'évaluation des projets. L'AQÉI note avec
satisfaction que des mécanismes existent dans la majorité
des cas pour permettre au public d'être informé et d'exprimer
ses points de vue sur les questions spécifiques au projet à
l'étude. Par ailleurs, il y a matière à amélioration,
non seulement pour rendre l'information encore plus compréhensible
pour le public, mais aussi pour mieux utiliser les connaissances du
public dans le processus.
2.1
Impliquer les intervenants PLUS TÔT dans le processus
Les Québécois
sont de plus en plus préoccupés par les impacts environnementaux
des projets situés près de chez eux. À cet effet,
l'AQÉI considère qu'il est important pour les promoteurs
de faire participer les citoyens à l'élaboration de leurs
projets, non seulement pour augmenter l'acceptabilité sociale
du projet mais aussi pour arriver à des propositions qui répondent
aux attentes des citoyens. L'AQÉI appuie sans réserve
la recommandation du ministère de l'Environnement du Québec
qui est inscrite dans ses directives à l'effet de consulter le
public dès le début du projet.
2.2
Accroître l'utilisation des moyens technologiques disponibles
L'AQÉI
considère que l'utilisation des technologies de l'information
devrait être accrue, sans toutefois remplacer le contact direct
avec la population concernée et les moyens de communication traditionnels
lors des activités de consultation. L'AQÉI considère
que l'utilisation des technologies devrait être appuyée
par les médias (radio, télévision communautaire
et d'état, presse) car une portion du public ne possède
pas un accès direct à l'Internet ou n'est pas habitué
à y faire appel.
2.3
Fournir une aide financière
L'AQÉI
considère que les intervenants manquent d'appui
financier pour favoriser la participation du public et bien remplir
leur rôle d'intermédiaire entre le promoteur et la population,
autant dans les projets que dans les débats de fond sur les enjeux
stratégiques. L'AQÉI considère que
les fonds disponibles pour les activités de consultation et de
recherche devraient être substantiellement augmentés lorsque
cela est approprié. À cet effet, l'AQÉI encourage
le ministère de l'Environnement du Québec à
établir des règles d'attribution.
2.4
Impliquer les intervenants APRÈS le processus
L'AQÉI
considère que le public devrait être impliqué
plus régulièrement dans les activités suivant la
construction, comme lors des suivis environnementaux. Bien que l'AQÉI
convienne que les comités de suivis environnementaux soient une
excellente initiative, ceux-ci ne sont pas mis sur pied automatiquement
pour tous les projets. Ainsi, l'AQÉI croit que les promoteurs
devraient être encouragés non seulement à impliquer
le milieu local dans les activités de suivi mais aussi à
rendre disponible (via les autorisations) les données obtenues,
voire même à organiser des rencontres publiques régulières
sur le sujet.
L'AQÉI
prône la transparence de la part du promoteur qui va de pair
avec le maintien de la motivation de tous les intervenants et cela,
du début à la fin d'un projet.
Depuis
plusieurs années des rapports de suivi sont produits, des comités
de vigilance et de suivi sont mis sur pied notamment dans le domaine
industriel. Qu'en est-il de la performance et de l'efficacité
des uns et des autres ? L'AQÉI est préoccupée par
le manque d'information relatif à l'efficacité des suivis
environnementaux et à la participation du public dans
ces derniers. Ainsi, l'AQÉI souhaite que le ministère
de l'Environnement du Québec et l'Agence canadienne d'évaluation
environnementale encouragent la recherche dans le développement
de mesures de rendement et d'indicateurs sur la qualité des suivis
environnementaux et sur l'implication du public.
2.5
Impliquer le public dans le cadre des évaluations environnementales
stratégiques
L'expérience
acquise au Québec démontre qu'une partie croissante des
débats autour de projets porte sur des enjeux environnementaux
et sociaux plus larges, comme la politique de gestion des déchets,
les schémas d'aménagement et les plans de zonage, la politique
énergétique, etc., et que ces débats ne peuvent
guère être constructifs quand ils se font dans le contexte
de l'évaluation environnementale d'un projet spécifique.
L'AQÉI
considère donc que les gouvernements devraient mettre en
place les instruments nécessaires pour que les débats
sur ces enjeux aient lieu dans les meilleures conditions et sur la base
d'une information aussi complète que possible quant aux conséquences
environnementales des divers choix possibles. À cet effet, l'AQÉI
considère que l'expérience du BAPE pourrait être
mise à profit dans la mise en place de plans de sensibilisation
et de communication et dans l'établissement de tables de concertation.
La question
spécifique de l'évaluation environnementale stratégique
est traitée au point 4.
3.
LA DISPONIBILITÉ DES DONNÉES
La prévision
des impacts repose en bonne partie sur la disponibilité de données
de base sur le milieu naturel ou social. Malheureusement, les programmes
d'acquisition des données par les organismes gouvernementaux
ont sensiblement diminué depuis plusieurs années et parfois
ont tout simplement disparu. La responsabilité de fournir les
données nécessaires dans le cadre d'une évaluation
environnementale repose davantage sur les promoteurs qui se voient obligés
d'investir temps et argent. Plusieurs moyens peuvent être mis
en oeuvre pour faciliter aux promoteurs et au public l'accès
aux données de base.
L'AQÉI
considère que les initiatives énoncées plus
bas permettraient d'accélérer le processus d'évaluation
environnementale, d'augmenter la participation et la confiance
du public dans le processus, d'améliorer la qualité des
études réalisées et de créer des synergies
à fort potentiel de développement des connaissances.
3.1
Réinvestir dans la connaissance
Afin de
partager les coûts, éviter les redondances et ainsi être
plus efficace, l'AQÉI considère que les gouvernements
du Canada et du Québec devraient investir davantage dans la connaissance
du milieu physique et humain de façon préventive. Cette
acquisition de connaissance devrait se faire en partenariat avec tous
les autres intervenants : les promoteurs ou les associations industrielles,
les ONGE, les institutions de recherche. Ce partenariat pourrait prendre
la forme de consortium de recherche ou de programmes d'acquisition des
connaissances comme il en existe déjà au Québec
: par exemple, Hydro-Québec, Alcan et la Société
de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) pour les données
hydrologiques ; le Consortium de recherche sur la forêt boréale
commerciale et des Chaires de recherche industrielles dont certaines
sont en partie financées par Hydro-Québec. Le BAPE a aussi
fait des recommandations en ce sens lors des audiences sur la Politique
de gestion de l'eau.
3.2
Améliorer l'accès
L'AQÉI
considère que l'accès aux données de base doit
être disponible par Internet, que ce soit sur un site géré
par les gouvernements, un consortium sectoriel ou bien un organisme
indépendant, comme, par exemple, SEFA pour les suivis environnementaux.
4.
L'ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE STRATÉGIQUE (ÉES)
L'ÉES
est un outil qui permet la prise en compte des préoccupations
environnementales lors de l'élaboration des politiques, plans
et programmes gouvernementaux. L'ÉES a été utilisée
avec succès dans des domaines comme l'énergie, la gestion
des matières résiduelles, le transport, l'aménagement
du territoire et la gestion des ressources naturelles. L'AQÉI
croit que l'ÉES permettrait de limiter les efforts des organismes
d'évaluation et de consultation ainsi que des décideurs
dans l'examen de la justification des projets fournis par les promoteurs
dans les rapports d'impact de projets spécifiques.
Par conséquent,
l'AQÉI considère que toute politique, programme
ou plan susceptible d'avoir des impacts importants sur l'environnement
devrait être assujetti à une évaluation environnementale
stratégique et ce, en incluant la participation du public. Cependant,
l'ÉES devrait mettre en priorité les thématiques
ayant le plus d'impacts appréhendés, tant par les scientifiques
que par le public. L'ÉES est particulièrement utile lorsque
cela implique un choix de société ayant des conséquences
sur plusieurs générations, dont certaines n'auront pas
participé à la décision. Il serait souhaitable
par exemple d'élaborer un ÉES concernant le choix des
filières énergétiques, notamment l'exploitation
pétrolière et gazière dans le golfe du Saint-Laurent
ou sur le transport en commun, en particulier dans la région
de Montréal. Les orientations qui découlent de cet outil
ont pour objectif de réduire des impacts potentiels à
moyen terme, dont certains peuvent être subtils et difficilement
mesurables. Dans ce contexte d'incertitude, l'ÉES doit s'inspirer
du principe de précaution.
L'ÉES
est reconnue comme un des outils privilégiés pour favoriser
la mise en uvre du développement durable. L'AQÉI considère
que l'ÉES incombe aux gouvernements du Canada et du Québec
dans le respect de leurs champs de compétence. L'ÉES est
institutionnalisée dans la plupart des pays industrialisés,
notamment au gouvernement fédéral canadien et dans les
25 États membres de l'Union européenne.
Malgré
une réflexion amorcée depuis plusieurs années au
ministère de l'Environnement du Québec afin d'implanter
un système d'ÉES, aucune politique gouvernementale n'a
encore vu le jour. Le rapport 2003-2004 du vérificateur général
du Québec en fait mention notant que 9 ans se sont écoulés
depuis la reconnaissance de l'ÉES par le gouvernement comme un
outil potentiel du développement durable et qu'elle n'est toujours
pas employée dans le processus de prise de décision gouvernemental.
L'AQÉI est toujours en attente d'une consultation sur une
éventuelle politique, tel que mentionné dans une lettre
reçue le 5 mars 2003, du cabinet du ministre de l'environnement
du Québec précédent, M. André Boisclair.
5.
LES EFFETS CUMULATIFS
L'AQÉI
considère que les impacts cumulatifs, autant sur le milieu naturel
que sur le milieu social, doivent être abordés systématiquement
dans les études d'impacts. Toutefois, en ce qui concerne l'analyse
du cumul des effets avec des projets déjà réalisés,
l'AQÉI considère que les effets cumulatifs antérieurs
sont automatiquement pris en considération puisque l'état
actuel de l'environnement reflète les changements qui ont déjà
eu lieu.
En ce qui
concerne l'analyse du cumul des effets du projet à l'étude
avec d'autres projets à venir, l'AQÉI considère
que les promoteurs devraient analyser le cumul des impacts de leur propre
projet avec ceux qui sont clairement identifiés, dont les principales
caractéristiques sont connues, dans une zone géographique
restreinte ou encore dans un même bassin versant. Cependant, en
ce qui concerne l'analyse des effets cumulatifs à une plus grande
échelle que celle des bassins versants, l'AQÉI considère
que les études plus globales devraient être réalisées
par les gouvernements du Canada et du Québec et que ces derniers
auraient avantage à partager leurs connaissances respectives
des milieux.
6.
LE MILIEU SOCIAL ET LA SANTÉ
Pour l'AQÉI,
le concept " environnement " inclut le milieu humain. Sur
la base de ce constat, lorsque le processus d'évaluation
environnementale est enclenché, l'AQÉI considère
que les impacts sur le milieu social, et plus particulièrement
ceux, sur la santé des humains, devraient être abordés
systématiquement dans les études d'impacts.
7.
LES MESURES DE COMPENSATION DES IMPACTS
Plusieurs
questions sont posées actuellement sur les mesures de compensation
des impacts. Est-ce qu'un impact environnemental peut être compensé
financièrement ? Peut-on ou devrait-on mesurer le coût
des impacts environnementaux et sociaux ? Est-ce que la compensation
d'un milieu humide ou d'un habitat par un autre est vraiment possible
ou même souhaitable ? L'AQÉI souhaite que le ministère
de l'Environnement du Québec et l'Agence canadienne d'évaluation
environnementale se penchent sur ces questions d'actualité en
collaboration avec les intervenants de l'évaluation environnementale.
Il existe au moins un consensus sur le sujet : les mesures de compensation
ne devraient pas avoir des effets plus nocifs que les impacts qu'elles
tentent d'atténuer.
CONCLUSION
Les préoccupations
des membres de l'AQÉI en regard des processus d'évaluation
environnementale en vigueur au Québec proviennent d'une pratique
et d'un vécu professionnel de plusieurs années d'expérience.
Les suggestions apportées dans ce document sont des pistes à
suivre car elles sont le fruit de leurs réflexions qui n'ont
finalement qu'un but : améliorer la pratique pour le bénéfice
de toutes les parties concernées et cela, bien sûr dans
un contexte on ne peut plus actuel, celui du développement durable.
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