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FAITS
SAILLANTS DU CONGRÈS
par Pierre
Senécal, rapporteur principal
- Qualité
de vie: notion qui se situe souvent au cur des débats, des préoccupations
des citoyens comme des gouvernements.
- Notions
apparentées à la qualité de vie: cadre de vie (en
tant que contexte de la qualité de vie), nuisances (définies
comme menaces à la qualité de vie), développement
durable (qualifié d'équivalent "biophysique" de
la qualité de vie), paysages (défini comme ressource à
consommer ou à construire).
1) Définition
de la qualité de vie
- Notion
floue à souhait, comportant souvent un sens précis pour
chaque individu mais très variable d'un individu à l'autre
- Au sens
académique, peut être mesurée au moyen d'une série
de critères à la fois objectifs et subjectifs permettant
de mesurer la qualité de vie
- Au sens
plus commun: notion qui se situe à la confluence de la nuisance,
de la santé, du social, de l'esthétique, du subjectif; et
dans ce sens plus commun, la perception de la qualité de vie semble
aussi importante, sinon davantage que sa mesure objective au moyen de
critères objectifs ou académiques
2) Contexte
historique
- Notion
qui est marquée semble marquée historiquement: présente
dans toutes les sociétés, son importance semble croître
à mesure que les sociétés ou les milieux s'enrichissent:
On se préoccupe
moins de qualité de vie ou d'environnement lorsqu'on lutte pour
sa survie
Cette question devient de plus en plus importante à mesure qu'une
société se développe
Elle semble devenir l'enjeu central dans les pays ou milieux dont le niveau
de vie est élevé
- Cette notion
est de plus en plus invoquée dans les directives gouvernementales
émises dans le contexte des évaluations environnementales,
dans la réglementations environnementale en générale
3) Mode
d'évaluation
- Deux approches
semblent utilisées afin d'évaluer la qualité de vie:
a) l'approche
académique se veut systémique: elle recourt généralement
au calibrage de nombreux critères objectivement mesurables
b) l'approche
la plus courante dans le contexte des évaluations environnementales,
au Québec, peut être définie comme suit:
on part de
la prémisse que cette notion est définie de manière
très variable d'une collectivité à l'autre ou même
d'un individu à l'autre, qu'elle varie essentiellement en fonction
de leur expérience de vie, et qu'elle est donc essentiellement
culturelle
par conséquent, on prend pour acquis qu'on doit nécessairement
consulter le public afin de pouvoir définir ce qu'on entend par
qualité de vie
dans ce contexte, les processus de consultations publiques sont perçus
comme foncièrement bénéfiques à la préservation
de la qualité de vie
aux yeux des promoteurs, ces processus rallongent les débats (lorsqu'ils
ne sont pas imposés par la réglementation) mais permettent
de préserver la qualité de vie
on ne pourrait donc définir exclusivement cette notion dans le
cadre assez étroit de l'étude d'impact, même si cette
dernière peut et doit chercher à la définir
comme pour tout autre objet de consultation, la clef du succès
consiste à consulter tôt et à long terme, à
identifier tous les intervenants et à les impliquer
lorsque des incertitudes subsistent, on peut recourir à des approches
basées sur la formulation de scénarios
- Plusieurs
congressistes estiment qu'on devrait chercher à combiner les deux
approches qui viennent d'être évoquées en demander
aux experts universitaires de définir une série de critères
objectifs, puis de les calibrer en "accompagnant" des groupes
dans le cadre de processus de consultation
4) Implications
pour les études d'impact
- La notion
d'étude d'impact est trop souvent absente des études d'impact,
abordée sommairement ou mal définie
la législation,
la réglementation et les directives n'incitent pas suffisamment
les promoteurs à tenir compte de cette notion
dans beaucoup d'études, elle semble trop souvent définie
en fonction de l'intérêt des promoteurs ou en mettant l'accent
sur les bénéfices collectifs, définis en termes économiques
elle insécurise beaucoup les spécialistes, compte tenu de
sa complexité
- Il semble
a priori difficile de développer des méthodes pragmatiques
qui permettraient de circonscrire plus rigoureusement cette notion dans
le contexte d'études d'impacts spécifiques
cet enjeu
est important car si on ne parvient pas à développer une
telle méthode, on peut se demander si on pourra continuer à
tenter de la cerner plus longtemps dans les études
des méthodes plus performantes devront éviter le piège
d'approches trop sectorielles, faire preuve de cohérence (en recourant
par exemple à des concepts intégrateurs), et tenir davantage
compte du point de vue des citoyens, tout en favorisant la mise en place
de processus permettant de dégager des consensus
on ne doit pas trop complexifier les échelles utilisées:
on ne peut demander au public d'évaluer plus de 20 à 50
indicateurs dans le contexte d'un projet précis
- L'approche
la plus prometteuse consisterait à définir successivement
un cadre d'analyse, à définir des enjeux, puis à
déduire des indicateurs en fonction de ces derniers
il importe
de s'entendre d'abord sur des objectifs, puis de choisir des indicateurs
(en fonction de ces objectifs) - ce qui semble constituer la phase qui
comporte le plus d'aspects "politiquement sensibles" - et de
mesurer finalement ces indicateurs
- Les données
nécessaires à la mesure des indicateurs manquent souvent
à l'appel, faute notamment d'études de suivi réalisées
sur des projets similaires.
- Nous lançons
donc un appel aux spécialistes universitaires afin qu'ils développent
ces types de méthodes dans la perspective qui vient d'être
évoquée.
Jeunes
observateurs au congrès :
1- Thaïs Dubé-Bédard
Maîtrise en histoire et en santé publique
UQAM
Représentante du Forum Jeunesse du Bloc Québécois
2-
Laurie Lavallée
Étudiante en maîtrise en géographie
UdeM
Secrétaire du Comité UniVertCité de l'UdeM
3-
Siegfried Mathelet
Étudiant en philosophie
UQAM
Collaborateur d'Écho-Logique, compagnie d'économie sociale
en gestion des déchets
4-
Dominic Saint-Pierre
Maîtrise en anthropologie
Conseiller
Agence canadienne d'évaluation environnementale
5-
Marie-Josée Verreault
Étudiante en droit de l'environnement et des ressources naturelles
ULaval
Point
de vue des jeunes à la plénière de clôture
du congrès
Avant toute
chose, nous aimerions remercier l'AQÉI pour l'invitation à
ce congrès.
Comme Mikaël
vous l'a précisé, l'équipe Volet jeune est assez
hétéroclite dans sa composition. Composé à
la fois d'étudiants, de jeunes praticiens et d'observateurs externes,
il est intéressant de constater la synergie qui s'est rapidement
installée autour des thèmes abordés durant votre
congrès. Dans le cadre de cette courte présentation, nous
aborderons les thèmes et intérêts communs que nous
croyons représentatifs des préoccupations et aspirations
des jeunes d'aujourd'hui.
Lors de nos
discussions, force est de constater l'enthousiasme suscité par
les conférences ayant représenté diverses expériences
de consultation publiques en amont des projets. L'exposé de Jacques
Dubuc sur l'aluminerie d'Alma nous a clairement démontré
les avantages procurés par une définition conjointe du milieu
et du promoteur de ce qu'est un cadre d'acceptabilité sociale.
En plus de témoigner d'un respect incontournable de la communauté
locale, une telle démarche facilite l'intégration du projet
et développe le sentiment de confiance. Le promoteur y trouve aussi
son bénéfice par l'amélioration du projet initial
et une diminution des risques pour les actionnaires. Des expériences
telles, celle du projet d'aménagement du Lac Taureau et celle de
l'aménagement du Port de Québec nous semblent aussi incluses
dans le modèle de consultation à privilégier. L'implication
des divers intervenants dès la conception du projet et la mise
sur pied d'une structure de consultations publiques successives permet
la bonification du projet.
Il nous paraît
primordial que les promoteurs gardent à l'esprit le fait que leur
projet, malgré les avantages qu'il peut procurer à la communauté,
constitue une intrusion parfois brutale dans un milieu soumis à
ses propres dynamiques spécifiques. Les expériences d'Interquisa
et celle de la route de Natashquan en sont de bons exemples. Le promoteur
et les experts appuyant leur projet, ne peuvent avoir la prétention
de cerner de manière totalement adéquate les besoins, préoccupations
et dynamiques d'une communauté donnée.
Partie
II
1.
LE CONCEPT DE QUALITÉ DE VIE (QV)
a.
Définition et caractéristiques
·
C'est un concept difficile (voir impossible) à définir
· Lié à l'acceptabilité sociale d'un projet
· Lié à la perception qu'a le public du projet (i.e.
peur)
· La QV est très subjective
· La QV peut être abordée du point de vue individuel
ou
collectif
· La QV devrait être définir au cas par cas, selon
les
projets
· La QV est la somme des préoccupations du public
· Le public doit être impliqué dans la définition
des indicateurs de la QV
b.
Comment passer outre à la subjectivité et à l'émotivité
·
Ramener l'évaluation d'impact (ÉI) en amont de la
planification de projet
· Inclure la participation du public dès le début
de la
planification
· Le processus de consultation public doit
- être itératif
- inclure le dialogue
- favoriser la transparence
- favoriser la participation aux décisions
- responsabiliser les différents intervenants
· La participation du public permettra une contribution
des citoyens au projet qui pourront ainsi se
l'approprier
· Les principes de la " nouvelle gouvernance " devraient
s'appliquer lors de la prise en compte de la QV
· On doit favoriser l'arrimage entre les experts et les
citoyens
· Il faut prendre en compte les aspects locaux et globaux
au cours du même processus
2.
LA MÉTHODE (OU LES OUTILS) POUR ÉVALUER LA QV
a.
Adopter une approche globale
b. Développer
des indicateurs efficaces
· Étape difficile, il n'y a pas de recette miracle
· Demande beaucoup d'effort
· On doit y aller au cas par cas
· Les indicateurs doivent être développés de
concert avec
la population locale
c.
Il faut revoir et améliorer les méthodes traditionnelles
d'ÉI
d.
Les aspects quantitatifs et qualitatifs de la QV doivent être
vus de façon complémentaire
·
L'être humain (et la QV) n'est pas réductible à de
simples cases sur une grille d'analyse
· La QV est plus que la somme de ses parties
· La QV doit être approchée comme une système
ouvert
e.
Les praticiens doivent revoir leur méthode, ils doivent
·
Innover
· Etre à l'avant garde
· Etre des leaders
· Explorer les domaines connexes à l'ÉI (i.e. communautés
viables,ouvertures sur le monde, etc.)
· Etre créatif
· Apprendre à vivre avec l'incertitude et la subjectivité
(interprétation)
· Changer leurs valeurs afin d'accepter des méthodes
provenant des sciences sociales (traditionnellement
moins présentes en ÉI)
3.
LES GRANDS ENJEUX POUR LE FUTUR
a.
L'intégration des aspects sociaux dans l'ÉI
·
On ne peut pas être que cartésien!
b.
La relation entre l'ÉI et les débats de fonds
·
Est-ce que l'ÉI est le lieu approprié pour débattre
des
grands enjeux sociaux, tel :
- La place
de l'automobile versus le transport en
commun
- La production, l'exportation et la consommation
d'énergie
- Les effets environnementaux cumulatifs de
projets à phases multiples (i.e. mini-centrales hydroélectriques)
Un souvenir
fut remis à Luc Ouimet lors du cocktail, où les membres
ont pu rencontrer l'équipe qui l'entouré avant la fondation
de l'organisme. Pierre Chevalier et Pierre Legendre de la Ville de Montréal,
André Tessier conseiller en environnement à la SEBJ, André
Marchand, ami personnel de Luc Ouimet et collaborateur, Yvan Biron de
Lavery de Billy, Pierre J. Hamel de l'INRS-Urbanisation Culture et Société
et Pierre Senécal d'Hydro-Québec. Carol Martin, anciennement
du BFEEE et actuellement consultant en environnement et Jules Patenaude
de la Ville de Montréal étaient absents.
Il s'agit
d'un petit tableau encadré sur lequel est inscrit:
À
l'occasion du dixième congrès annuel,
les membres
désirent souligner
leur
reconnaissance à
LUC OUIMET,
l'initiateur
du projet de création
de l'AQÉI
en 1991.
En sa
qualité de rassembleur,
Luc Ouimet
a contribué
de façon
exceptionnelle
à
mettre sur les raills l'organisme
voué
à l'utilisation du processus d'évaluation d'impacts dans
la
planification
et les prises de décision.
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