Particulièrement
à l'occasion du colloque annuel de l'International Association
for Impact Assessment (IAIA) qui s'est tenu à Montréal
en 1989, des personnes oeuvrant soit dans le secteur public comme régulateurs
ou dans des entreprises parapubliques comme promoteurs ou à l'intérieur
de firmes de consultants ou encore dans l'enseignement universitaire,
ont estimé qu'il était temps qu'au Québec on se
dote d'une association favorisant les échanges sur l'évaluation
environnementale ou encore l'utilisation de l'évaluation d'impacts
dans le processus de planification et de prise de décision.
Il
est entendu que la participation du public, plus particulièrement
par le biais d'audiences publiques ou de consultations publiques organisées,
se situe au coeur même de l'évaluation d'impacts et du
processus de décision dans les sociétés modernes
à haute technicité et à démocratie renouvelée.
Ces
besoins sont devenus plus évidents encore avec l'adoption du
concept de développement durable ou viable appliqué autant
à la gestion des ressources qu'à l'aménagement
des villes. Ce concept s'appuie sur l'intégration entre le développement
économique, social et culturel et les préoccupations pour
la préservation du potentiel des ressources et de leur diversité.
L'évaluation
d'impacts deviendra une méthode de planification et de gestion
de plus en plus utilisée dans les différents secteurs
de l'activité humaine et comprendra autant l'évaluation
d'impacts financier, économique, social, législatif, juridique
et biophysique que celle portant sur les risques pour la santé
et la sécurité des personnes et des collectivités.
On l'appliquera de plus en plus pour l'évaluation de nouvelles
technologies, pour l'élaboration des politiques, des programmes
et non seulement pour les projets.
C'est
pourquoi le regroupement de personnes et les échanges professionnels
doivent se faire sur une base aussi large que celle-là. Il est
donc souhaitable qu'une association québécoise regroupe
les professionnels qui oeuvrent dans l'un ou l'autre des champs d'évaluation
d'impacts, qu'ils soient biologistes, géographes, médecins,
ingénieurs, architectes, économistes, administrateurs.
De
plus, il a été souvent constaté que les responsables
de l'évaluation d'impacts, dans les divers milieux auxquels nous
référons plus haut, pouvaient se convaincre entre eux
de la nécessité de l'évaluation d'impacts et des
règles éthiques devant prévaloir pour assurer sa
crédibilité et son utilité mais que cette conviction
interne n'était pas toujours partagée par des décideurs,
des administrateurs, des politiciens ou des unités de gestion
relevant de d'autres parties de l'administration. C'est pourquoi il
est important qu'une telle association soit également ouverte
aux personnes intéressées à l'utilisation de l'évaluation
d'impacts dans le processus de décision et ne comporte pas que
des spécialistes et des experts. Ces personnes pourraient aussi
bien venir de l'administration, de la politique comme des groupes sociaux.
Un
dernier mot pour préciser qu'une condition essentielle de la
réussite d'une telle association est que sa philosophie d'action
évite de l'engager dans des évaluations ou des critiques
spécifiques de projets particuliers de façon à
rendre paisibles et sereins les échanges entre les acteurs qui
souvent jouent des rôles différents à l'intérieur
d'un même processus, représentant des intérêts
institutionnels différents parfois antagonistes. Ces échanges
doivent miser l'amélioration de l'évaluation d'impacts,
de la participation du public, de l'intégration de ces processus
dans la prise de décision et la planification à l'intérieur
d'une approche non conflictuelle et portant sur les principes de base
de l'évaluation d'impacts.
L'AQÉI
a obtenu ses lettres patentes comme organisme à but non lucratif
en 1991.